Une fête spéciale pour
six médecins de la Petite-Nation
par Jessy Laflamme, Article mis en ligne sur le
www.info07.com le 2 septembre 2009
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La passion anime Dre Proulx 1.Pourquoi avoir choisi le métier de médecin?: «Je désirais aider les autres et être à leur écoute. J’aurais aimé aller en Afrique, mais en sortant de l’école, je n’étais pas assez préparée et après ça, je n’ai pas vraiment eu l’occasion de le faire.» 2.Pourquoi avoir choisi de pratiquer dans la Petite-Nation? :
3.Quelle est votre principale clientèle? 4.Votre meilleur souvenir dans votre carrière?: Après une longue hésitation, Dre Proulx avoue en posséder plusieurs. «La reconnaissance des gens est toujours appréciée. Souvent, ce sont eux qui nous rappellent des souvenirs. Évidemment, les patients qui ont passé au travers des maladies sont de bons souvenirs, mais je ne peux nommer d’exemple, car ils risquent de se reconnaître. Souvent, quand je fais l’épicerie, les gens me saluent, ce sont des bons côtés du métier. La meilleure paie est la gratitude des gens.» 5.Que pensez-vous du système à deux vitesses?: Sans perdre une seconde, Dre Proulx affirme être en désaccord. «Les riches ou les pauvres ont le droit au même service, les soins doivent être accessibles, et les gens doivent être égaux», explique-t-elle. Par contre, elle avoue qu’avec la réalité de 2009, il faut peut-être devenir réaliste. «Quand j’ai commencé ma carrière, la première vitesse fonctionnait très bien. Elle était accessible et égale pour tout le monde. Le tout a commencé à changer en 1997 avec les départs assistés des médecins à la retraite. Peut-être que, maintenant, le système à deux vitesses désengorgerait l’urgence…» 6.Nommez trois avantages de votre métier: Avant tout, elle tient à préciser que médecin est le meilleur métier du monde. «Le premier avantage est sans contredit d’aider les gens et les soutenir. Deuxièmement, j’aime bien la flexibilité de l’horaire. Puis, je suis privilégiée au niveau financier. Par contre, je n’ai pas choisi mon métier pour cette raison, mais disons que c’est plaisant de pratiquer une profession par passion tout en obtenant une bonne rémunération.» 7.Nommez trois désavantages de votre métier: «Parfois, certains cas d’éthique et cas de conscience m’empêchent de dormir et on n’a pas beaucoup de personnes avec qui les partager. Ça fait partie de notre vie. Le métier comporte de lourdes responsabilités, c’est parfois difficile de voir des gens qui refusent de se faire traiter ou des cas suicidaires. C’est certain que des patients me tiennent à cœur et m’inquiètent.» Dre Proulx trouve aussi que les attentes des gens ont augmenté. «Les patients sont plus critiques, car les temps d’attentes pour les rendez-vous ont augmenté. Avant, je pouvais donner un rendez-vous le lendemain ou le surlendemain. Maintenant, ce n’est plus possible. Les gens ne sont pas contents et avec raison, mais on ne peut faire autrement.» Le système actuel de santé est un autre désavantage selon Dre Proulx, notamment en ce qui concerne les délais d’attente très longs. 8.Acceptez-vous de nouveaux patients?: Depuis le départ du docteur Bertrand le 18 octobre 1997, Dre Proulx n’accepte plus de patients. À ce moment, elle s’est retrouvée avec 8500 dossiers. Heureusement, quelques médecins sont arrivés dans la région et en ont pris plusieurs. «J’ai arrêté d’accepter des patients afin de respecter mes patients réguliers. Plusieurs me sont fidèles.» Les dossiers des patients sont détruits après cinq ans si aucune visite n’est survenue. 9.Comment feriez-vous pour attirer un médecin dans la région?: Dre Proulx sait déjà qu’elle n’aura pas de relève pour sa clinique médicale. «J’ai déjà tenté de recruter, mais toujours sans succès. Pour pouvoir travailler en clinique, le médecin doit posséder 20 ans de pratique. De plus, les nouveaux médecins doivent travailler 12 heures par semaine soit à l’urgence, au centre d’accueil, etc. Ces deux raisons limitent mes chances de recruter du personnel. En plus, ici, les médecins doivent payer tous les frais, secrétaires, immeubles, etc. L’avenir se trouve donc au CLSC et non aux cliniques. Dans un CLSC, les frais sont moindres et la pratique est plus diversifiée aussi.» Elle croit aussi que l’avenir se trouve dans les groupes de médecines familiales et les coopératives. 10.Que pensez-vous de la fête en votre honneur?: «Je suis contente de cette reconnaissance, c’est une bonne idée, mais je ne suis pas vraiment à l’aise là-dedans. J’ai accepté, car c’est un groupe de médecins que l’on fête et pas seulement moi. 11.Pensez-vous prendre votre retraite bientôt?: «C’est une question qu’on me pose plusieurs fois par jour»a-t-elle affirmé en riant. «Je n’ai pas de date de retraite fixée, je prends deux semaines de congé de plus par année. C’est un beau métier, et j’ai un besoin d’aider les autres. Donc, si j’étais à la retraite, je ferais surement du bénévolat. J’aime aussi bien continuer à travailler d’autant plus que la pénurie de médecins frappe tellement que si je laisse mes patients ils n’ont pas de filets. De plus, mes patients sont aimables, gentils et reconnaissants. Ils me poussent à poursuivre ma carrière et à aimer ça.» 12.Un conseil que vous donneriez à la population: «Évidemment, il faut avoir une bonne hygiène de vie qui consiste à bien manger, faire de l’exercice et obtenir un poids idéal. Comme la maladie du siècle est le diabète, il faut respecter ces trois règles. Il faut aussi avoir une bonne hygiène mentale. Bref, il faut viser l’équilibre», affirme-t-elle. Concernant l’équilibre mental, on retrouve dans le bureau de Dre Proulx, sa prière préférée : Seigneur, donnez-moi la force d’accepter les choses que je ne peux changer, le courage de changer celles que je peux et la sagesse d’en connaître la différence. «Ce sont des clients qui m’ont amené cette prière, je l’ai laminée puis installée dans mes bureaux.»
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